Fini les tropiques et la voile en maillot de bain ! Adieu vents dominants, pieds nus, bleu du ciel et eaux turquoises ! Bonjour brouillard, pluie, froid, vents instables, grains, plancher trempé, bottes et harnais de sécurité…
Soyons honnête, traverser l’Atlantique, c’est long, certes, mais il n’y a rien de difficile en soi. Tout au moins pour ce qui a trait à la navigation. Et très honnêtement, ces dix jours passés entre Turks and Caïcos et New York furent bien plus éprouvants que les trois semaines de transatlantique. Fort heureusement, nous avons bénéficié d’une météo relativement clémente durant les deux premiers jours suivant notre départ. Cela nous a permis de bien nous amariner et de pouvoir affronter les humeurs de l’océan sans trop d’inquiétudes stomacales.
À partir du troisième jour, le vent a commencé à tourner et à forcir de plus en plus. Les septs jours qui suivront furent entrecoupés d’averses, de coups de vent, de grains et d’orages. Rien d’insurmontable, mais des conditions qui, sur la longueur, pèsent lourd tant au niveau moral que physique. D’autant plus que, passé le cinquième jour, nous n’avions plus aucune prévision météorologique à laquelle nous fier… Nos bulletins se réduisaient alors à une lecture régulière du baromètre qui chutaient parfois de manière très inquiétante. Et il n’était pas le seul ! Durant l’ensemble de la traversée les températures (eau, extérieur et cabine) baissaient elles-aussi de quelques degrés chaque jour. Nous avons donc rapidement fait nos adieux aux chaudes lattitudes et ressorti, gants, bonnets, bottes, vestes et salopettes de quart…

Un brouillard à couper au couteau nous enveloppe pendant toute une journée. Dans la peur de voir apparaître un cargo à tout moment, chaque quart devient une véritable épreuve pour le nerfs.

Pendant ce temps, à l'intérieur, Raph et Emilien essaient tant bien que mal d'arracher quelques précieuses heures de sommeil entre deux quarts...

Et la gîte sur tribord ne leur facilite pas la tâche... Observez le cadre et les vêtements pendus pour vous faire une idée de l'inclinaison de notre habitacle...

Et c'est au tour d'Émilien... Mais avant de se poster seul à la barre, il faut profiter du changement de quart pour faire quelques ajustements.

Par ces températures, ce n'est jamais le bon moment pour une douche alors quand il faut y aller, il faut y aller!
Ce fut long, pénible et parfois même dangereux. Certaines vagues balayant le cockpit (et nous avec) nous ont même poussé à utiliser des harnais de sécurité qui dormaient depuis 6 mois au fond des équipets… Mais nous sommes finalement arrivés au bout de nos souffrances et le lundi 3 mai au soir nous pouvions apercevoir le Verrazano bridge tout illuminé et plus loin derrière, la silhouette mythique de Manhattan.

Un fois le Gulf stream passé, à environ deux jours de NY le beau temps revient, mais la mer est encore grosse. Plus de soucis côté cargo, c'est les vagues qu'il faut maintenant guetter!

Après avoir baissé la GV et étarqué la première bosse de ris, c'est l'heure de faire des beaux noeuds plats sur les garcettes.











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