Départ et derniers mouillages venezueliens
Jeudi 18 mars. Nous sommes enfin prêt pour traverser la mer des Caraïbes. Mais avant de faire cap sur les Îles Vierges, nous décidons de profiter encore un peu de la côte vénézuelienne et de ses innombrables mouillages paradisiaques. Nous en profitons également pour emmener notre ami Javier qui n’avait pas encore eu la chance de voir les îles de son pays. En quelques heures à peine, après avoir essuyé une averse salvatrice par 40 degrés à l’ombre, nous arrivons à Faro, une petite île inhabitée qui se transforme, chaque week-end, en véritable discothèque à ciel ouvert. Le lendemain, nous partons vers Santa Fé, un jolie village situé sur la côte à quelques milles de là. Après Cumana et Puerto La Cruz, nous sommes heureux d’enfin débarquer sur une plage hospitalière dépourvue d’usines, de centres commerciaux ou de McDonald. Sans cette petite escale d’à peine quelques heures nous aurions gardé une bien piètre image du Venezuela.
Nous avions prévu de rester là jusqu’au lendemain, mais finalement sur les conseils d’un navigateur rencontré sur la plage et propriétaire du seul autre bateau au mouillage ce jour là, nous optons pour une petite visite de l’île de Tortuga située à une soixantaine de milles de là. Pour ne pas trop retarder notre arrivées aux Île Vierges, il nous faudra partir le soir même. Nous pourrons ainsi profiter de cette île quasi déserte le lendemain et mettre cap au Nord le jour suivant.
Tortuga forme un bon exemple de ce que sont les îles « déserte » des Caraïbes. Sable blanc, cocotiers, eaux turquoises, coraux et splendide faune marine, le tout constamment balayé par les alizés. On y trouve à peine quelques cabanes de pêcheur et deux ou trois petites auberges qui accueillent les touristes qui viennent passer un jour ou deux sur ces plages. Un jour ou deux, voire même un après-midi, car tenez-vous bien, parmi la dizaine de cabanons qui se dressent sur cette bande de sable se trouve, un aérodrome ! Les riches vénézuéliens viennent donc ici faire des petits pic-nics les dimanches après-midi… Drôle d’endroit vraiment !

Les quelques locaux de l'île jouent au baseball vénézuelien. Pas de batte, pas de gand mais une balle...tout de même!
Un nav’ de plus au compteur
Dimanche 21, nous avons rempli notre quota d’eaux turquoises et partons pour 4 jours de navigation. Soit dit en passant, chaque fois que nous croisons des plaisanciers, ils sont immanquablement surpris par deux choses ; la courte durée de nos escales (qui ressemblent plus à des arrêts aux stands qu’à de véritables escales de plaisance) et notre itinéraire plutôt atypique. Il faut croire que nous ne correspondons pas vraiment aux plaisanciers habituels. La retraite est pour nous encore loin et le vagabondage oisif nous déprime au plus haut point… N’y voyez là aucune critique ou jugement, certain y trouve leur bonheur (et c’est tant mieux), nous pas.
À peine sortie de la baie relativement protégée où nous avions mouillé, nous nous prenons 25 nœuds dans le nez sur une mer agitée et très irrégulière en raison de ses hauts fonds. Nous voilà parti pour 3 jours en enfer. Le mot est certes un peu fort mais cette traversée fut pour le moins, disons, inconfortable… Soleil impitoyable, chaleur étouffante, cabine humide, odeurs nauséabondes, couchettes moites ou disons-le, complètement détrempées, le bateau (et nos estomacs) se faisant rouler dans tous les sens par les vagues qui, le vent aidant, nous offraient à toutes heures du jour et de la nuit de bonnes douches salées. Non, vraiment cette traversée de la mer des caraïbes ne fut pas une partie de plaisir. L’Atlantique à côté de ce genre de nav’, c’est du gâteau !
Finalement, le troisième jour, les choses commencèrent à se calmer et la vie du bord put reprendre son cours normal. Nous nous excusons pour l’absence de photos de ces moments difficiles, mais sortir l’appareil par 25 noeuds et une mer de 3 mètres n’est pas en général en tête de nos priorités…
Arrivée aux îles vierges britanniques (BVI)
Après avoir dépassé Saint Croix, nous nous approchons tranquillement du reste des îles Vierges. L’objet de ce petit crochet est de résoudre notre problème de visa américain. L’entrée aux Etats-Unis sur un bateau étranger relève véritablement du parcours du combattant. N’ayant pas eu le temps, ni la motivation (disons-le) de faire faire des visas aux prix exorbitants avant notre départ, nous devions trouver une voie alternative pour rentrer sur le territoire américain avec des papiers en règles. L’astuce consiste donc à faire son entrée aux US avec un transporteur commercial, en l’occurrence, le ferry faisant la liaison BVI-USVI. Raph et Emilien embarquent donc sur l’un de ces ferries aux premières heures du jour, pendant que Ben et son père (tout deux américains) partent avec le Gayar vers Saint Thomas (USVI). En fin de compte, moins de 24 heures après notre arrivée aux BVI, nous mettons les voiles pour Vieques (Puerto Rico) avec nos papiers et ceux du bateau en règle. Grand soulagement pour tout le monde ! A priori, rien ne pourra plus empêcher le Gayar de faire son entrée dans le port de New York début mai.

Au mouillage des BVI. Papiers en règle et plan d'action du lendemain finalisé. Il est temps de nous offrir le premier repas digne de ce nom depuis 5 jours.























































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